Icônes de style : Twiggy

A 17 ans, elle était déjà la femme de tous les superlatifs. Premier mannequin-star de l’histoire, Twiggy incarne à elle seule tout l’esprit du Swinging London des sixties, à une époque qui s’émancipe de tous les codes puritains et traditionnels pour laisser place à une jeunesse qui se libère dans une atmosphère colorée, pop, rebelle et décalée. Qui était-elle, et quel est son héritage ? On vous en parle dans la suite…

L’ANTI-FEMME

 

Remettons-nous dans le contexte de l’époque : Nous sommes dans les années 60, le temps de toutes les révolutions : Sexuelle, morale, artistique, culturelle…

Les jeunes jeunes veulent renverser la culture élitiste de l’époque, et  mettent petit à petit la culture populaire (qui deviendra la pop culture) au même rang. La mode change, l’architecture, la musique… En gros, le monde se libère, se rebelle et se colore.

Et puis, au milieu de toute cette cohue grandit Lesley Hornby. En 1966, elle est alors shampouineuse dans un salon de coiffure à Londres, et tente de gagner sa croûte pour aider son père charpentier et sa mère caissière. Vous l’aurez compris, la petite Lesley est un pur produit du milieu ouvrier, une vraie banlieusarde de Londres. Le mannequinat est complètement hors de ses pensées puisque qu’elle ne sait même pas que ça existe.

Et puis, dans la même année, alors qu’elle n’a que 16 ans et qu’elle se fait couper les cheveux à Leonard of Mayfair (un salon reconnu de Londres), son coiffeur, Nigel Dave, cherche un mannequin pour essayer une coupe garçonne. Il la prend en photo et l’accroche dans son salon, jusqu’à ce qu’un journaliste ne la remarque et ne fasse un article sur elle.

The face of 66, un des articles qui marquent le début de sa carrière.

Elle n’a rien de ce qu’on attend d’une femme. même son corps est si fin qu’il en est subversif et presque unisexe. Elle a le visage d’une petite fille, qui devient celui d’un beau mec quand on lui met un costume. Bref, après deux parutions dans un journal, Nigel Dave lui conseille de garder son surnom d’enfant, Twiggy, en référence à son poids plume et à sa silhouette filiforme. Twiggy est née, et se retrouve propulsée au rang de célébrité un peu « malgré elle ».

Et c’est comme ça que naît Twiggy, une anti-femme dans une époque anti-tout. Le New Yorker disait : « Pas de seins, un lipstick blanc, des ongles rongés, des épaules osseuses et une coupe de garçon. Une image en négatif de ce qu’une femme devrait être. » Et c’est précisément ce que les jeunes cherchaient à l’époque : Une icône de la « fashion girl » qui fait la guerre à l’élitisme. Elle libère la jeunesse dans ses vêtements et fait un gros strike dans le monde des mannequins.

Sa carrière durera 4 ans. Quatre courtes années auxquelles elle mettra un terme en expliquant « qu’elle ne veut pas être un porte-manteau toute sa vie! »

SON LOOK

Son corps filiforme, presque androgyne, c’est l’élément clé de son look et de sa carrière. En fait, Twiggy, c’est l’égérie de tous les contraires : Garçonne avec ses cheveux courts mais fille avec ses cils de biche, sexy avec une robe courte mais prude dans une robe droite qui ne révèle rien… Encore maintenant, certaines pièces de son look sont incontournables. Vous ne pourrez pas mieux les porter qu’elle, c’est sûr, mais vous pouvez toujours essayer :

> Des boucles d’oreilles taille XXL

Colorées évidemment, pour rehausser votre teint dans une robe en couleurs pastel par exemple…

> Des imprimés


Un élément central du look sixties. Imprimés indiens, à pois, liberty… Rien ne fait peur à Twiggy, qui n’hésite pas à s’en faire des styles complets.

> De la couleur, beaucoup de couleur


L’image de « baby-doll » qu’elle cultive avec son corps androgyne est très présent dans son look : On dit bonjour à la couleur et on ose les accords surréalistes. Si ça fonctionnait il y a 50 ans et que c’est encore à la mode aujourd’hui, ne vous inquiétez pas, ça fonctionnera aussi pour vous.

 

> La robe baby-doll, évidemment


Dur de finir l’article sans parler de la robe baby-doll, qu’elle a mis à la mode et qu’elle portait disons… pendant 70% de ses castings. La robe baby-doll est une robe très courte à col fermé : Elle frôle l’indécence, et c’est bien pour ça qu’on l’aime.

 

> Des talons plats babies ou des mocassins

Et oui, le style preppy n’est plus réservé aux riches étudiants américains ! C’est aussi celui de la femme des sixties, qui prend un malin plaisir à porter des talons plats ou une paire de mocassins assortis à sa petite robe et ses collants.

Car les sixties, c’est aussi une période qui consacre l’émancipation de la femme. La mode devient pratique et confortable, et les collants chauds prennent la place des porte-jarretelles. Dans cette logique, les mocassins et autres chaussures babies font leur retour en force dans le vestiaire féminin tout en s’adaptant à leur époque, c’est à dire dans les couleurs très acidulées que l’on prête aux sixties.

Mais alors, pourquoi remet-on à la mode des chaussures d’écolier des années 20 dans une époque aussi subversive ? Marie Quant disait des années 60 : « Le bon goût est mort, la vulgarité c’est tout ce qui compte ». Et la vulgarité, c’était aussi prendre des chaussures d’étudiant studieux, les décliner en rose flash et les porter avec une minijupe, tout simplement. Plus encore, c’était une certaine forme d’arrogance et de liberté. Difficile à croire que les photos que vous regardez (ci-dessus et ci-dessous) étaient provocantes, hautaines voire révoltantes pour l’époque… Mais c’était bien le cas !

 

 

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